Papy

Publié le par Bidou

C’est le papy boom ! Avec ses bons côtés, la nécessité de compenser les départs, et les créations d’emplois correspondantes, en en profitant au passage pour moderniser et adapter l’offre aux besoins ; avec aussi les inquiétudes liées au financement des retraites, et qui ont déjà été abordées sur ce blog.

 

 

Malthus est de retour

 

 

Le vieillissement est du à l’allongement de l’espérance de vie, mais aussi et surtout à la baisse de la natalité qui se traduit directement sur la pyramide des âges. Et on parle, pour se tirer de ce mauvais pas, d’une relance de la fécondité, seule solution pour maintenir un ratio convenable entre classes d’âges. Cette réponse a toutefois une conséquence directe : l’augmentation de la population, et ce sont souvent les mêmes qui la proposent et qui s’inquiètent de la croissance démographique mondiale. Ces deux propositions n'apparaissent pas de prime abord contradictoires car elles s'appliquent dans deux systèmes de représentation différents, les pays industrialisés et le tiers monde.  On arrive cependant et sans ambiguïté à la conclusions  suivante : il faut que le Nord augmente sa fécondité, et que le Sud la diminue. C ’est le vrai retour de Malthus.

 

 

Celui-ci est resté célèbre par la crainte que la croissance d’une population ne soit plus rapide que celle des ressources dont elle a besoin pour vivre. Il était loin d'être le premier à manifester ces craintes, et ce n’est qu’une partie de sa théorie. L’essentiel est ailleurs, et relève plus de la politique que de l'économie. Pour Malthus  les pauvres devaient maîtriser leur progéniture, qu’ils n’avaient pas les moyens d’élever, alors que les riches pouvaient avoir autant d’enfants qu’ils le voulaient. Bien que pasteur, Malthus n'était pas un partageux. Nous reprenons aujourd'hui à l'échelle de la planète la théorie que Malthus avait développée pour l'Angleterre du 19ème siècle.

 

 

Le problème, c’est que cette évolution, sans entrer dans une analyse « morale », n’est pas acceptable pour la planète. Un Européen qui naît aujourd’hui consommera vingt ou trente fois plus de ressources qu’un Africain ou un Bengali. En termes de pression sur la planète, la solution néo-Malthusienne conduit à une impasse. Il est irresponsable de compter sur une croissance éternelle de la population pour conserver une pyramide des âges suffisamment « jeune » pour résoudre le problème des retraites. Il faut se résoudre au vieillissement, conséquence inéluctable de deux souhaits très largement partagés : voir la population mondiale se stabiliser d’une part, et de l’autre améliorer en permanence la santé des populations et leur espérance de vie.

 

 

Il faut faire face à ce phénomène inéluctable, l’accepter et l’examiner sans oeillères pour trouver des voies de progrès dans ce contexte nouveau. Les règles du jeu d’une France « jeune » ne peuvent être maintenues dans une France « vieille ».

 

Le débat sur le vieillissement de la population des sociétés occidentales (aujourd’hui) et extrêmes orientales (demain) est ouvert. Nous avons vu que les progrès de productivité du travail humain offrent une piste pour relever le défi qui est ainsi posé. Cette piste conduit à de nombreux changements dans nos modes de vie, de production et de consommation, et la condition pour que ces changements soient synonymes de développement est de les aborder dans un esprit offensif, volontaire, et sans a priori, au lieu de les redouter et d’y aller « à reculons ».

 

 

Publié dans developpement-durable

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