Profit
Après Capital[1] et Prix[2], c’est au tour de Profit. Pour beaucoup un vilain mot, et des interrogations sur la légitimité des formidables profits des entreprises du CAC 40 et des pétroliers, qui contrastent avec le faible taux de croissance, les délocalisations, le chômage qui n’en finit pas, les menaces sur les retraites, et la mauvaise volonté pour indemniser les victimes des marées noires et de l’amiante. Et j’en passe sûrement.
Et pourtant, l'évangile ne fait-il pas l’apologie du profit dans la parabole des talents ? Le profit en soi n’est donc peut-être pas totalement immoral, et certaines sociétés pensent même que la fortune est le signe de la bénédiction divine…
La question du profit est sans doute plus compliquée qu’elle n’en a l’air, et vaut mieux qu’une condamnation brutale et sans appel.
Ce n’est sans doute pas le profit en soi qui pose problème, mais la manière de les réaliser, et ce qu’on en fait ensuite. L’amont et l’aval, toujours cette approche en boucle[3] caractéristique du développement durable.
Dans une approche basique « développement durable », on part des trois piliers. Le profit est le fruit d’une démarche économique, il faut donc voir comment il peut être aussi porteur de valeurs environnementales et sociales.
Une première approche renvoie, pour l’environnement, à l’excellence environnementale dans les processus de production, et pour le social, à une politique sociale ambitieuse. Il ne faudrait pas oublier pour autant la nature de
Et en aval, que faire de tous ces profits ?
En profiter, si on ose dire, pour changer d’époque. Les entreprises doivent entrer dans une ère nouvelle, comme toute
Les profits d’aujourd’hui peuvent être une aubaine pour demain. On aimerait juste que ces investissements ne soient pas confidentiels, ne soient pas uniquement une affaire de financiers et d’industriels, car toute la société est concernée. Les grandes orientations, qui auront inévitablement, à un moment donné, besoin des pouvoirs publics pour encadrer leur développement, soutenir tel effort de recherche, fixer de nouvelles règles adaptées aux nouveaux produits, doivent être débattues à des moments critiques, ne serait-ce que pour contribuer à la bonne santé du capital social, au sens des quatre capitaux. Et nul doute que ce capital, essentiel pour la mobilisation de la société, apportera à son tour sa dose de profit. Allons, vive le profit, puisse chacun y contribuer, et en bénéficier !
Prochaine chronique : Egalité
[1] Chronique du 22 février 2007, http://developpement-durable.over-blog.org/article-5753903.html
[2] Chronique du 26 février 2007, http://developpement-durable.over-blog.org/article-5807986.html
[3] Chronique du 17 mars 2006, http://developpement-durable.over-blog.org/article-2181105.html
[4] Chronique du 28 mai 2006, http://developpement-durable.over-blog.org/article-2854215.html