Image
Sage comme une image, dit-on. Et bien, on a tout faux. Le sage est celui qui bouge, qui prend des risques[1], et non pas celui qui reste immobile comme une image. Il ne faut pas bouger n’importe comment, mais ce qui sûr c’est que le conservatisme, le fil de l’eau, le business as usual sont pure folie. Les défis qui nous attendent pour que notre développement soit durable ne seront pas relevés par une simple reproduction, même amplifiée, des exploits du passé. Nous sommes condamnés à innover.
L’image est une représentation du réel. Une image de marque pour une entreprise, par exemple, qui doit résumer les caractéristiques fondamentale et la politique du groupe qu’elle incarne. Une image de durabilité est une bonne chose, mais l’expérience montre qu’elle ne tiendra pas longtemps si elle n’est qu’une image, sans rapport avec le réel. On peut d’ailleurs se faire déborder par son image, ou celle de son produit, si elles sont intériorisées par les personnels ou les clients, les parties prenantes au sens large. Le retour en arrière est alors trop coûteux. Cette situation peut jouer dans les deux sens. Telle entreprise qui envisageait de réduire ses ambitions environnementales peut y renoncer par peur de voir son image se dégrader, et par suite son capital[2] social, mais les fabricants d’automobiles ont tellement marqué leur produit du sceau de la puissance et de la vitesse qu’ils ont du mal à revenir en arrière comme le bon sens le voudrait. L’image provoque une inertie dans les esprits, et celle-ci n’est pas toujours favorable.
Le mot représentation nous renvoie aussi à
Les images sont très utiles pour le développement durable. Elles permettent de visualiser des phénomènes complexes, de se représenter une réalité et de comprendre comment elle fonctionne. Elles peuvent faire rêver, elles stimulent l’imagination, elles stockent des connaissances, des témoignages. Grâce à elles, on peut faire des simulations, et avec des rayons X, on a accès à des images de l’intérieur même des organismes vivants. Vive l’image et l’imagerie, merveilleux instruments de travail, de découverte, d’apprentissage, et de loisir. Mais ce ne sont que des images, dépendantes de l’angle et de la lumière, du moment exact de la prise de vue, et du talent de son réalisateur. Elles ne doivent pas être confondues avec
L’image du développement durable n’échappe pas à cette règle. Elle est fortement marquée par des promesses de catastrophes, de pénuries, et par le spectacle insupportable des inégalités croissantes à la surface de
Le développement durable n’est pas un état, que l’on pourrait photographier, mais une dynamique[3] qui échappe à toute tentative de représentation autre que des recettes[4], qui, tout comme les images, ne doivent qu’être des aides, des auxiliaires, pour construire en continu un futur durable.
[1]Risque, chronique du 26 juin 2006, http://developpement-durable.over-blog.org/article-3124286.html
[2] Chronique du 22 février 2007, http://developpement-durable.over-blog.org/article-5753903.html
[3]Chronique du 21 juillet 2006, http://developpement-durable.over-blog.org/article-3342359.html
[4]Chronique du 18 décembre 2006, http://developpement-durable.over-blog.org/article-4950611.html