Devoir
Quittons résolument l’école, où ce mot nous ramènerait volontiers, et entrons dans un domaine plus général et citoyen, où « devoir » est le complément naturel de « droit ». En société, nous avons des droits et des devoirs, indissociables les uns des autres. Il n’est pas possible d’affirmer des droits sans créer simultanément des devoirs. Le débat récent sur la Chartre de l’environnement inscrite dans la constitution en est une parfaite illustration, le droit à un « environnement sain » entraîne des devoirs, chacun doit respecter cet environnement, et la collectivité doit organiser la mise en œuvre de ces droits et devoirs. L’un sans l’autre n’a aucun sens, et les opposer, comme on le fait souvent, ne peut offrir de réponse pratique.
Le concept de devoir est souvent associé à
La mise en œuvre de cette régulation est exigeante. Chaque partie tente de conserver ou d’étendre ses droits sans prendre de devoirs en charge, et les retards pris dans l’adaptation du système de régulation le met en péril. Les règles obsolètes deviennent vite des freins au progrès, à l’innovation, à l’exploration de voies nouvelles, indispensables pour élargir le champ du possible et assurer ainsi une chance supplémentaire de durabilité à notre développement. Des forces ne manqueront pas de demander une dérégulation, soit un desserrement du système de droits et de devoirs. Sacralisé, ce système devient rigide, peu évolutif, et il se crée un décalage entre lui et le monde réel. Pour lutter contre la dérégulation, le mieux est encore de participer activement à l’ajustement permanent du système. Une régulation intangible n’est pas durable. Les mêmes principes demande une application différente selon les circonstances, nous dit Sun Tzu depuis 2500 ans.
Le mot « Devoir » nous rappelle aussi nos classiques, Corneille et le fameux combat des Horace et des Curiace. Habile tactique militaire, que celle du jeune Horace, mais ne la transposons pas trop rapidement en termes de développement durable. Elle s’appuie sur une vision séquentielle des problèmes, pris les uns après les autres. Les trois dimensions du développement durable ne sont pas à prendre les unes après les autres. Le but n’est pas ici, comme dans la Rome antique, de détruire l’adversaire, mais de prendre en charge des aspects complémentaires de