Soleil

Publié le par Bidou

La planète Terre est peut-être menacée, mais le soleil, lui, est imperturbable. Les astronomes lui font des infidélités, en allant voir ailleurs s’il y est, en cherchant dans d’autres galaxies si des planètes proches de la nôtre existent, mais le Soleil n’y attache pas trop d’importance, il est quasi éternel.

 

 

Nous lui devons beaucoup, et ce n’est pas un hasard s’il est une des divinités de base de la plupart des panthéons dans le monde, quelle que soit la civilisation.

 

 

Nous lui devons en premier lieu la vie. Une vie apparue sur terre dans les conditions physico chimiques résultant de la température que le Soleil nous permet d’atteindre. Les autres planètes que nous connaissons sont soit beaucoup plus chaudes, soit beaucoup plus froides que la Terre, et notre type de vie ne pourrait s’y développer. Mais pourquoi pas d’autres formes de vie, quand nous observons sur notre propre planète, dans des conditions « extrêmes », des êtres qui vivent sur des principes totalement différents des nôtres, au fond des abysses, loin de toute lumière et en absence d’oxygène. L’être humain survit à la surface d’une planète qui connaît des écarts de température extraordinaires, de -50° à +50°, selon les saisons et les latitudes. C’est une amplitude considérable, signe d’une formidable capacité d’adaptation de l’espèce humaine, surtout quand on se rappelle que le zéro absolu est à -273°. Sans s’interroger exagérément sur l’origine de notre planète et le « big-bang » qui en serait le point de départ, c’est au Soleil que nous devons d’exister, mais dans des conditions particulières, qu’il nous faut respecter si nous voulons « durer » autant que lui.

 

 

De grandes tolérances sur les températures, comme nous venons de le voir, oui, mais pas pour toutes les espèces vivantes : les végétaux et les animaux, à sang chaud ou froid, se trouvent bien dans des fourchettes de température, et au delà elles meurent, à défaut de savoir modifier leur environnement immédiat. C’est ce que nous faisons en nous habillant, en construisant des maisons, des igloo, des huttes, qui reconstituent un environnement favorable dans un environnement hostile. Mais le soleil, c’est aussi des rayonnements, et nos organismes ont été sélectionnés au cours des millénaires en fonction de leur capacité à les supporter. Nous ne pourrions vivre soumis à des rayonnements différents de ceux que nous subissons, et c’est l’atmosphère qui nous entoure qui est en jeu : sa capacité à filtrer ces rayonnements est ce qu’elle est, et tout changement serait problématique pour nos organismes. La question de la couche d’ozone s’inscrit dans cette logique : changer la composition de l’atmosphère revient à changer la nature des relations entre le Soleil et l’espèce humaine. D’harmonieuses, elles peuvent rapidement se dégrader en cas de dérapage incontrôlé.

 

 

Le même raisonnement vaut pour le climat. Changer la température moyenne de la planète, c’est s’exposer à des bouleversements de multiples natures : courants marins perturbés, équilibres biologiques entre espèces, force et régularité des vents, etc. L’espèce humaine, tributaire de ces équilibres pour ses habitats et ses ressources, est directement concernée.

 

 

Le Soleil est aussi notre principal fournisseur l’énergie. Voire l’unique, si l’on considère que l’énergie stockée depuis des millions d’années dans les couches géologiques est aussi un apport du Soleil. L’énergie recueillie par la Terre est considérable, et bien au-delà de nos besoins imaginables. Additionnons la force des marées, de la houle, des courants marins et du clapotis, les vents et les cyclones, la photosynthèse sur terre et sur mer, les éclairs et la foudre, ça en fait de l’énergie ! Le problème est de la mobiliser, au bon moment et au bon endroit, et en quantité suffisante. L’humanité l’a utilisée, et l’utilise toujours de manière diffuse. On ne la comptabilise pas sous cette forme, et on a tord, car c’est une part notable de nos besoins qui sont ainsi couverts. L’activité agricole et forestière utilise de l’énergie « industrielle », comptabilisée, mais l’essentiel n’est-il pas l’apport du Soleil ? De même, la pêche semble tributaire du pétrole nécessaire pour faire avancer les bateaux et lever les filets, mais c’est avant tout le fruit d’un mécanisme complexe partant du phytoplancton, qui se développe grâce au Soleil et à l’oxygène de l’air. Ce sont des évidences tellement fortes que l’on a tendance à les considérer comme acquises pour toujours. Cette négligence nous coûte cher. On voit bien que l’apport du Soleil peut être contrarié, avec par exemple la propagation à  la surface des océans de couches d’hydrocarbures isolant l’eau de l’air ; les bilans énergétiques que l’on réalise aujourd’hui sur la production d’énergie par la biomasse montrent par ailleurs de grands écarts dans l’efficacité du captage de l’énergie que le Soleil nous fournit généreusement.

 

 

Le Soleil, c’est aussi ses levers et ses couchers, sa lumière que tous les artistes ont tenté de traduire. Le Soleil et l’Humanité sont indissociables. Mais le couple est tumultueux, et l’équilibre est à la fois terriblement fécond et d’une extrême fragilité. Le Soleil est ce qu’il est, et nous ne le changerons guère : il revient à l’Humanité la responsabilité de bien entretenir cette relation, pour le meilleur et en évitant le pire.

 

 

 

Publié dans developpement-durable

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