Sèche-mains

Publié le par Bidou


Un commentaire, proposé à partie du mot « toilettes », évoquait le sèche-main et le bilan écologique des différentes formules possibles, du sèche-main à air chaud à la serviette et au papier (13 février).


J'ai donc fait une recherche, et l'ADEME m'a apporté quelques éléments de réponse. L'ADEME est l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, qui pilote notamment des travaux sur les choix « éco-responsables ». Chacun, mis à part quelques pervers, souhaite plutôt bien faire pour l'environnement, mais on a souvent besoin de conseils de professionnels, et l'ADEME peut nous aider à bien choisir. Pour choisir le meilleur équipement, ou la meilleure manière de répondre à un besoin, il faut voir tous les aspects de la question. Un matériel qui apparaît bon pour l'environnement à première vue, peut se révéler très coûteux en matières premières, eau, ou énergie, ou encore très difficile à traiter en « fin de vie », une fois qu'il a rendu le service qu'on attend de lui. Il faut donc analyser les solutions du début jusqu'à la fin. On appelle ce genre d'analyse les « analyses de cycles de vie ».


Quelle est la manière de s'essuyer les mains la plus « écologique », dans les toilettes publiques ? Telle est la question, inspirée par la publicité un peu grossière d'un marchand de toilettes japonaises, chauffées et avec jet d'eau et air chaud pour vous laver et sécher l'arrière train, et présentées comme écologiques.


Une analyse de cycle de vie a été faite par un cabinet britannique pour le compte d'un fabriquant de sèche-mains électrique. Ils ont fait la comparaison entre deux procédés, le sèche-main à air chaud, et le distributeur de papier. Il manque encore le rouleau de tissu, on verra une autre fois. Pour faire cette étude, on prend tout en compte : pour le sèche-main à air chaud, la fabrication du matériel, son transport entre l'usine et le lieu de son installation, son installation proprement dite (travaux), l'électricité nécessaire pour son fonctionnement, et son enlèvement en fin de vie, sa destruction, avec le recyclage éventuel de certains de ses composants. Idem pour le papier. On a pris en compte la boîte de distribution, (fabrication, installation, transport, etc.), le papier (plusieurs catégories sont possibles) avec le transport nécessaire pour le livrer sur place, la poubelle où on jette les papiers usagers, avec le sac en plastique qui est changé à chaque fois que l'on vide la poubelle.


Les résultats pour l'environnement sont multicritères. On va s'intéresser à la consommation de matières premières, d'énergie, à la couche d'ozone, à l'effet de serre, à l'acidification, à l'émission de produits toxiques pour l'homme, etc. Et le résultat n'est pas celui que l'on attendait, au moins, celui que j'attendais. J'étais persuadé que le papier était plus écologique, mais ce n'est pas le résultat de l'analyse. Le sèche-mains électrique consomme plus de matières premières, mais produit moins de gaz à effet de serre, génère moins de produits toxiques, etc. Le bilan est mitigé.


Quand on examine plus en détail ces analyses, on voit que dans le « cycle de vie », certains évènements pèsent beaucoup plus lourd que d'autres. C'est le papier lui-même dans un cas, l'électricité dans un autre. Et le résultat dépend largement de l'usage et du lieu d'implantation. Le calcul est fait pour un séchage de trente secondes. Si on va plus vite, ou si on est plus méticuleux et que l'on se sèche pendant une minute, les résultats changent vite. Pour le papier, l'hypothèse est que l'on utilise deux feuilles par séchage, et que la distance parcourue par le papier est de 1500 km. Si le papier vient d'une usine à proximité, ou si vous n'utilisez qu'une feuille, la balance ne bascule pas du même côté.


Ces bilans ne sont donc pas à prendre à la lettre. Il faut les regarder avec prudence. Ils donnent des indications, permettent de mieux comprendre les enjeux, mais, il faut savoir les interpréter. Ils ne substituent pas à l'intelligence, il ne font que lui donner une matière plus rigoureuse. Le développement durable a besoin de tels instruments, mais ce ne sont que des aides à la décision, pas des instruments pour produire la solution miracle, pour prendre la décision à la place des consommateurs.

Publié dans developpement-durable

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Rabelais 14/03/2006 17:13

Mais le plus raffiné de tous les torche-culsC'est l'oison duveté, il a toutes les vertusSi on le tient serré, la tête entre les cuissesOn sent une volupté purificatriceOh croyez m'en sur mon honneur ! Vous sentez au trou du cul une volupté mirifique Tant par la douceur de ce duvet que par la chaleur tempérée de l'oisonLaquelle est facilement communiquée au boyer culierEt autres intestins jusqu'à venir à la région du coeurEt du cerveau ...
En ces temps de grippe aviaire, ne pourrait-on utilement recycler tous ces poussins abattus dans la fleur de l'âge en évitant d'utiliser "une matière plus rigoureuse"?