Crottes

Publié le par Bidou

 

 

J'ai hésité entre deux mots bien courants, crottes et noyaux. Au pluriel tous les deux, car le problème vient souvent du nombre. Deux résidus ou rejets dont on ne sait pas quoi faire. Les crottes de chien sont un grand classique de l'environnement, et on en parle souvent pour dénigrer, et dire que ce n'est pas là que sont les grands enjeux. Et pourtant ! Outre la question de la nuisance et de la sécurité, qui ne sont pas à négliger dans une politique se réclamant du développement durable, voilà que les crottes deviennent utiles. Comme les bouses de vache en Asie. L'exemple nous vient cette fois-ci d'Amérique, de Californie, plus précisément de San Francisco. Les crottes fermentent, et le méthane qui en est extrait peut fournir de la chaleur et de l'électricité. Et c'est parti ! Près de 4% des ordures ménagères sont des crottes, quelle aubaine ! Ce n'est pas la première fois que San Francisco se distingue sur ce plan : depuis 10 ans, la ville récolte les déchets des restaurants pour en faire un compost pour les vignes.

 

 

 

On apprend aussi que la vieille Europe s'y met : c'est à Madrid, et ce ne sont pas des crottes mais des noyaux d'olives. L'Espagne est le premier pays producteur d'huile d'olive au monde, et ça fait du combustible en réserve. L'expérience montre que ça coûte pas cher, et c'est comme du bois compressé, ça brûle très bien avec un bon rendement. On n'en est qu'au début, on va encore faire des progrès, avec des chaudières plus efficaces. D'accord, il faudrait, comme pour les crottes, faire le bilan écologique, car la collecte et le transport vers les installations de production d'énergie a sûrement un coût environnemental. C'est souvent le problème avec les produits animaux ou végétaux, la « biomasse », qui contient une énergie qu'il faut aller chercher un peu partout. En l'occurrence, on reste dans la ville, les distances ne doivent pas être très grandes, même en Amérique, et les noyaux d'olive sont un sous-produit de l'huile, que l'on retrouve déjà rassemblés dans des usines. Et quand on valorise un produit qui, de toutes façons, aurait dégagé du carbone tôt ou tard en se dégradant, on peut avoir bon espoir que c'est efficace. Nos célèbres moto-crottes seraient-ils écologiques ?

 

 

 

 

Mais restons lucides. C'est très bien d'utiliser tous les déchets, et de les transformer en énergie, mais ce ne résoudra qu'une toute petite partie du problème. Les petits ruisseaux font les grandes rivières, ne boudons pas notre plaisir devant ces initiatives. Mais ce n'est qu'un début, continuons le combat !

Sources : Le Moniteur-expert – (22 et 27/02/2006)

Publié dans developpement-durable

Commenter cet article

Bidou 03/03/2006 13:04

Une manière de s'assurer que les moto-crottes sont écologiques aurait été de les faire rouler au gaz, issu bien sûr de la fermentation des crottes ramassées. Le bilan aurait été à coup sûr favorable, et l'énergie nécessaire pour collecter la biomasse en question aurait été par construction inférieure à celle produite. Un processus sain.