Poteaux
On continue notre ballade dans les mots, pour approcher le développement durable. Aujourd'hui, parlons des poteaux.
Ils fleurissent dans les villes, sur nos trottoirs plus précisément, dont ils restreignent la largeur, où ils constituent des obstacles et des pièges, et qui coûtent chers aux contribuables. Et en plus, ils ne sont pas beaux. Parfois, on y substituent des blocs de béton, des bittes d’amarrage ou d’autres formes de bornes, qui empiètent toujours sur le domaine du piéton. Tout ça pour le protéger, ce piéton, des débordements des automobilistes. Est-ce bien « durable » ?
Le bilan de cette politique n’est pas brillant : réduction de son espace pour le piéton, utilisation de matières premières et d’énergie pour fabriquer et installer les poteaux, chantier de pose source de bruits et de poussières, enlaidissement de nos rue, et iniquité évidente du système, puisque tous payent pour l’indiscipline de quelques uns. Ne peut-on obtenir la discipline recherchée autrement ?
Le développement durable, c’est évidemment un appel au civisme, mais sans angélisme. La sanction fait partie de la panoplie, et elle a le grand mérite d’être presque immatérielle. C’est parce que le caractère dissuasif des amendes est insuffisant qu’il a fallu recourir à des obstacles physiques. Une mauvaise politique pour corriger une mauvaise politique, est-ce la solution ?