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, Dominique Bidou Développepment durable, est le support juridique (SARL) de mes interventions en tant que consultant. DBDD s’adresse aux collectivités, aux administrations, aux entreprises publiques et privées. Toutes les activités sont concernées, chacune avec ses spécificités qu’il convient d’intégrer dans les interventionsDBDD propose un accompagnement dans l’élaboration des politiques de développement durable, diagnostic, choix de lignes directrices, mobilisation des acteurs, personnels et partenaires, contrôles et évaluation.  contact@db-dd.org

 

quelques articles et ouvrages

Vous trouverez ci-dessous une liste de mes principaux articles, rapports et ouvrages sur le développement durable

 - Le développement durable : une logique de dépassement, Revue politique et parlementaire, numéro hors série Le Grenelle de l'environnement, avril 2008 le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf le-DD--une-logique-de-d-passement-RPP-avril-2008.pdf
- De bonnes recettes pour le développement durable, communication à l’académie d’architecture, 6 mars 2008Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf Expos---acad-mie-6-mars-08.pdf
- Pour le développement durable : une défense solide, une attaque créative, Préventique, n° 97, janvier-février 2008Article-dans-Pr-ventique.pdf Article-dans-Pr-ventique.pdf
- La haute qualité, une bonne recette pour le développement durable, Qualitique, n° 193, décembre 2007
article-dans-qualitique.pdf article-dans-qualitique.pdf

- Coup de shampoing sur le développement durable - Ibis press, 2007  www.ibispress.com

- La qualité environnementale des opérations d’aménagement, Etudes foncières, n° 127, Mai-juin 2007 artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf artcicle--tudes-fonci-res-sur-environnement-et-am-nagement.pdf

- Développement durable, XXIème siècle : un défi pour les économistes, Sociétal n°53,

juillet 2006 Soci-tal--version-publi-e.pdf Soci-tal--version-publi-e.pdf

- Éthique et construction, revue « profession achat » n°20, déc 2005 – Janvier 2006

- La science des systèmes : un levier pour le développement durable, communication au congrès européen de systémique, Paris, 19 septembre 2005

 

- La HQE, une dynamique en marche, in Nouveaux paris, la ville et ses possibles, sous la

 

direction de Nicolas Michelin, Picard 2005

- Les inégalités écologiques en milieu urbain (avec col.) Inspection générale de l'Environnement et Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- Le développement durable, un nouvelle frontière pour les services déconcentrés de l’Etat, (avec Dominique Schneider et col.) Conseil général des Ponts et chaussées, 2005

- L'air, in revue Passages, Panorama 2004 du développement durable, édition spéciale n°1,

décembre 2004

- Tous gagnants, la dynamique du développement durable – Ibis press, 2004 www.ibispress.com

- Une démarche de progrès pour le bâtiment, Constructif, novembre 2003

- Une gestion « sociétale » des entreprises, Entreprise éthique, avril 2002

- Un moteur de modernisation, revue politique et parlementaire, mars-avril 2000

- Environnement et développement économique, in Poursuivre la décentralisation, Editions Pouvoirs locaux, 1994

- Le livre vert de l’écologie urbaine dans la construction et l’habitat, ministère de l’Equipement, 1993 Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc Livre-vert---cologie-urbaine.2doc.doc

- Écologistes : le malentendu, revue politique et parlementaires, n° 914, Janv-Fév 1985

 

 

 

 

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Mardi 19 août 2008

S’il est un domaine où le bois[1] n’a pas une bonne réputation, c’est bien celui des chèques. Il est toutefois moins embarrassant que le chèque ne blanc que nous tirons chaque jour : chaque fois que nous reportons une dépense, ou un choix douloureux, à demain, c’est un chèque en blanc que nous tirons, un chèque qui devra être payé par nos enfants. Certains penseront que ce sont nos héritiers, que nous leur donnons bien assez et que nous pouvons et bien se permettre de leur laisser aussi quelques dettes, comme nos parents nous ont laissé les sols pollués de la révolution industrielle. Tirer des chèques pour investir, et laisser aux générations futures un capital productif supplémentaire, voilà une attitude durable. Mais laisser des déchets nucléaires quasi éternels, des sédiments marins chargés de métaux lourds, et un climat fortement dégradé, revient à signer des traites, des billets à terme, qui devront être honorés durablement, si l’on ose dire, par nos descendants. Les déficits publics sont alarmants[2], mais ce ne sont que des comptes en monnaie. Que dire des comptes en matières, en capacité de renouvellement de la capacité de production de la planète ?

Chaque dégradation de la planète, chaque ressource extraite est une forme de chèque signé aujourd’hui, et qui devra être payé plus tard. Le problème est que nous ne savons pas à combien il se montera. Ne sommes-nous pas en train d’acheter au prix d’or des ressources dont on ne fait qu’un usage bien médiocre, et dont nous pourrions même parfois se passer ? Le chèque en blanc prend aussi la forme de modes de vie, des habitudes de consommation, des organisations sociales et territoriales fortement prédateurs, non durables dans tous les sens du terme, et dont nous aurons bien du mal à se sortir quand il faudra l’honorer.

La nature est bonne fille, elle nous prodigue ses largesses, mais avec ses propres règles, qui souvent nous agacent. Le soleil, le vent, les marées, la richesse biologique des milieux naturels, le froid, le rythme des saisons, voilà un capital formidable, mais qu’on ne peut exploiter sans en comprendre les lois et en s’y soumettant, ce qui est fâcheux. L’Homme n’est-il pas le roi de la création, après tout ? Pourquoi se soumettrait-il à ces lois qui ne sont pas les siennes ? C’est ainsi que la capital nature est bradé, ressources non renouvelables et capacité de renouvellement des autres. L’exploitation minière des sols agricoles les a appauvris et parfois stérilisés ; les océans sont menacés par la disparition d’espèces régulatrices comme les requins[3], ou bien par la prolifération d’algues qui pompent tout l’oxygène disponible et stérilisent les secteurs les plus sensibles de la mer, ceux de la reproduction des poissons.

Quel chèque permettra de payer la reconstitution du stock de poissons des profondeurs[4], d’ores et déjà gravement atteint, ou encore le repeuplement de la mer Méditerranée en thons rouges, quand le dernier d’entre eux aura été pêché ?

Nous oublions de signer les chèques quand nous prélevons des biens considérés comme gratuits, alors qu’ils ont un prix. La facture arrivera quand même, à payer par nos héritiers. Rien changer, ou prendre des décisions qui couteront plus cher demain, c’est tirer des chèques sur l’argent des autres. Est-ce bien durable ?

 



[1] Bois, chronique du 26/10/2006

[2] On pourra sur ce point se reporter au mot Faillite (24/09/2007)

[3] Requin, chronique du 07/04/2008

[4] Voir à ce sujet la note Grenadier (chronique du 09/11/2006 et n°29 dans Coup de shampoing sur le développement durable, www.ibispress.com

 

par Bidou publié dans : developpement-durable communauté : Développement Durable
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Jeudi 14 août 2008
Nos équipements sont de plus en plus performants. Ils sont de plus en plus efficaces, et consomment moins d’énergie. Que ce soit les voitures ou les machines à laver, les progrès sont considérables. Le problème est qu’on ne voit pas pour autant les courbes de consommation baisser, ou alors très légèrement. Comment se fait-il que ces avancées spectaculaires ne se traduisent pas dans notre bilan, et que le fameux facteur 4 ne se rapproche-t-il pas de nous ? C’est qu’il y a une course entre le progrès et les besoins. Les moteurs de nos voitures sont plus économes, mais il faut plus de sécurité, plus de confort. Les voitures sont plus lourdes, et patatras, tout le bénéfice sur les moteurs est repris par ces à-côtés. On peut en dire autant de bien des matériels courants, comme les écrans LCD, toujours bien plus grands que leurs prédécesseurs cathodiques, ou les frigos, dont le volume moyen s’est accru de près de moitié en 10 ans notamment. Ces dérives sont connues, de même que certaines parades. Pourquoi construire des voitures capables d’atteindre les 200 km/h, alors qu’elles roulent à 50 km la plupart du temps, et que de toute façon, elles ne doivent pas dépasser le 130 ? Cet attrait de la vitesse, qui doit rester platonique, alourdit considérablement les voitures, et plombe leurs performances énergétiques réelles. Une étude récente réalisée pour la Commission européenne montre, dans un autre domaine, que les bureaux sont trop éclairés, que les personnels s’en plaignent. La réglementation exige de hauts niveaux d’intensité lumineuse, qui fatiguent l’organisme, et consomment de l’énergie. Plus de lumière du jour, plus la liberté d’ouvrir les fenêtres et de régler son environnement personnel, voilà des pistes pour lutter contre cette dérive. Les économies sont aussi compensées par de nouvelles habitudes de consommation, comme rester plus longtemps devant sa télévision, mais aussi utiliser de nouveaux matériels comme les jeux électroniques : La puissance électrique appelée par les consoles de jeu serait multipliée par 10 tous les 5 ans selon l'étude européenne REMODECE . Les performances des matériels vont continuer à s’améliorer. L’Union européenne y travaille, avec l’établissement de nouvelles normes, de plus en plus exigeantes. Par exemple, les veilles , déjà évoquées dans ce blog, connaissent des progrès réels, mais encore bien insuffisants. Les matériels en veille devront se situer dans une fourchette de 1 à 2W d’ici 2010, et de 0,5 à 1W en 2013. Une série d'appareils électriques devront respecter des normes minimales de consommation : dans un premier temps, les ampoules électriques, l’éclairage urbain et de bureau, les alimentations électriques et les récepteurs numériques pour télévision, et puis ensuite les chaudières, les chauffe-eau et les postes de télévision. Ajoutons l’étiquetage informatif, de plus en plus répandu, pour que les consommateurs portent leurs choix sur les appareils les plus efficaces, et nous voilà en présence d’un dispositif complet pour influencer la conception même des équipements. Voilà pour la course menée par le progrès technique. Mais il est talonné sans cesse par les incitations à consommer plus, et à renouveler prématurément un matériel. Les gains unitaires ne sont pas assez grands pour compenser cette frénésie de consommation, ce besoin d’acheter le tout nouvel appareil. Il faut dire que les pressions commerciales ne manquent pas, et que les campagnes sur les comportements ne peuvent les compenser totalement. La course ne peut être gagnée que si les comportements évoluent. Pas de solution technique pure. Mais il faudrait aussi que les grandes firmes soient soumises, comme les marchands d’énergie, à une logique d’efficacité, avec des certificats d’économies ou tout autre procédé, pour les faire participer activement à cet évolution des comportements. La conception même de leurs produits peut faciliter, ou non, cette nécessaire transformation. D’autres mécanismes, comme la location, ou la propriété collective, doivent être mis à contribution pour rendre la vertu facile. La panoplie des moyens d’action sur les comportements reste à compléter, et doit influencer celle des obligations techniques. Les deux doivent se conjuguer dans une bonne opération de packaging !
par Bidou publié dans : developpement-durable communauté : Développement Durable
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Lundi 11 août 2008

Eteins la lumière en partant ! Voilà bien une injonction durable. Arrêtons de consommer de l’énergie pour rien, halte au gaspillage. Il est vrai que cette dépense inutile pour nous et nuisible pour la planète, cumulée et multipliée par les millions que nous sommes à négliger ces petits gestes quotidiens, représente un bon paquet de tranches nucléaires ou de tonnes de carbone envoyées en l’air.

Cet appel à l’effort de tous fait parfois ricaner les bons esprits. A quoi bon embêter des millions de braves gens alors qu’il existe par ailleurs des causes massives de dégradation de l’environnement et de gaspillage de ressources. Les dégazages en mer, la publicité forcenée pour les voitures, une urbanisation incontrôlée, les haricots verts en hiver et les pollutions agricoles, voilà de vrais problèmes, autrement plus importants que la pauvre ampoule qui brûle quelques heures pour personne. Ces bons esprits raisonnent bien, il ne sert  rien de culpabiliser notre entourage et de les harceler au nom de l’écologie et du réchauffement climatique. Il n’empêche que c’est bien l’accumulation de micro gestes qui pèse sur l’environnement. Comment être efficace dans ces conditions, comment parvenir à généraliser une attitude vertueuse sans ennuyer tout le monde ?

Il faut remonter aux causes, et à la nature même des objets que nous utilisons chaque jour, aux instruments qui nous servent à se déplacer, à faire la cuisine, à laver et repasser notre linge, etc. Culpabiliser ne sert à rien, mais informer et permettre à chacun de prendre ses responsabilités est bien différent. Il faut pour cela que l’information soit claire et donnée en situation. Un message général sur les économies de carburant que l’on peut faire avec une conduite douce n’aura qu’un faible impact. Il sera peut-être écouté avec plus d’attention au moment de payer son plein, ou pendant les cours de l’auto école, surtout s’il devient un passage obligé pour obtenir le permis. L’efficacité énergétique ne doit pas rester un gadget additionnel à un achat ou à un apprentissage[1], mais doit se trouver naturellement intégré dans la prestation. Ce n’est pas le particulier qui fait alors l’objet de la pression, mais le professionnel qui la lui vend. Le dispositif encore expérimental des certificats d’économies d’énergie est une traduction opérationnelle de ce principe : au professionnel d’aider son client à consommer moins.

Pour certains matériels, ce principe est utilisé depuis longtemps. L’affichage des consommations d’énergie et d’eau, avec des étiquettes de A à G par exemple, ou des consommations en litres d’eau ou kWh, fonctionne bien. Pas d’injonction au consommateur, mais des informations qui lui permettent de faire les bons achats[2] sans efforts. L’écologie facile ! Certains grincheux le regretteront, pensant qu’il faut absolument faire des efforts pour être vertueux[3], que sinon ça ne compte pas. C’est pourtant la bonne manière de faire, si l’on veut éviter que le développement durable ne soit synonyme de privation et d’ascèse.

L’étiquetage se développe. Les voitures doivent en être pourvues, les maisons à vendre ou à louer. Il y a bien sûr une part de comportement dans ces deux cas, ce n’est pas comme une machine à laver que l’on regarde travailler. Il n’empêche que les indications donnent une échelle, et que le A sera toujours plus économe que le G. La bonne information conduit aussi les fournisseurs à changer leurs gammes de produits. On a vue dans l’électro ménager disparaître des rayons les matériels les moins bien classés. Déjà, à la fin des années 1980, l’étiquette « protège la couche d’ozone » apposée sur les bombes aérosol avaient provoqué une transformation profonde de l’offre. Le consommateur averti devient ainsi un acteur clé du développement durable, par son influence sur l’offre qui lui est proposée. Situation bien trop rare, et qu’il convient de favoriser.

Au-delà des produits, il serait bon de s’interroger sur les manières de faire. Y a-t-il des manières de faire la cuisine[4] plus économe en énergie, ou moins productrice de déchets, tout en restant dans la même fourchette financière ? Aujourd’hui la mode du Wok se développe. Très bien, voilà des saveurs nouvelles. Quel impact sur la consommation d’énergie, d’eau ? Je n’en sais rien, et c’est bien dommage. Quel est le bilan du feu vif mais plus bref que d’habitude ? Et la vaisselle qui suit…

Le micro ondes, la cocotte minute, ont été largement promus par un discours sur les économies d’énergie. Encore faut-il s’en servir convenablement. Pourrait-on, dans les recettes de cuisine, de cuisine facile notamment, marquer d’un astérisque les plats les plus durables, et distiller de bons conseils en ce sens ? Il y a les ingrédients achetés au marché, avec l’effet saison, mais aussi la méthode de cuisson, d’assaisonnement, la température de consommation, etc.

Nous avons déjà parle dans ce blog des veilles[5], de plus en plus nombreuses, dont sont munies nos télévisions et autres appareils multimédia, les téléphones, et sans doute bien d’autres équipements branchés en permanence. Nous savons qu’au final, sur l’année, une télévision aura plus consommé en veille qu’en marche, et que le ratio est encore bien plus effrayant pour un magnétoscope. Les veilles consomment beaucoup, comme les transformateurs qui ont également envahi nos appartements et qui chauffent en permanence. On peut demander au consommateur d’être vigilant, et de couper les veilles, mais ne vaudrait-il pas mieux que ces dernières soient vraiment très économes, vivent sur des réserves et non sur le réseau. L’industrie sait parfaitement le faire, tout comme elle sait fabriquer des transformateurs qui ne dissipent pas d’énergie en chaleur 24 heures sur 24.  

La multitude de gestes quotidiens donnent incontestablement une grande responsabilité à chacun d’entre nous pour la sauvegarde de la planète. Mais le pauvre consommateur ne peut rien tout seul, il ne choisit que ce qu’il trouve en magasin, et suit les modes d’emploi qui lui sont proposés. La responsabilité des fournisseurs est donc centrale, et la réactivité que l’on a pu constater de la part des consommateurs montre bien une attente forte. Le développement durable offre le cadre d’un nouveau type de dialogue entre fournisseur et consommateur. Le monde nouveau, à construire collectivement, se dessine ainsi, à partir des actions les plus quotidiennes.


Prochaine chronique : Course

[1] Apprenti, chronique du 18/06/2007

[2] Achat, chronique du 03/12/2007

[3] Vertu, chronique du 15/03/2007

 

[4] Cuisine, chronique du 12/10/2006 et n°17 dans Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com)

[5] Veille, chronique du 09/06/2006 n°78 dans Coup de shampoing

 

par Bidou publié dans : developpement-durable communauté : Développement Durable
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Jeudi 7 août 2008

Les jeux olympiques offrent une occasion de mettre en avant l’exploit, la performance, le dépassement[1] de soi. Et c’est très bien de valoriser le goût de cet effort permanent, nécessaire pour relever les défis[2] du développement durable. C’est aussi la mise au pinacle de la compétition[3]. La compétition comme moteur de l’exploit. Une compétition entre hommes, ou entre femmes, pourquoi pas, ça peut être un échauffement. Mais la vraie compétition est ailleurs, l’exploit que nous devons réaliser sera collectif, il n’y aura pas de vainqueur et de vaincus, il n’y aura que des vainqueurs ou des vaincus. Il est d’ailleurs frappant que certains sports ne soient pas représentés aux JO, comme l’escalade ou la spéléo, ou encore la randonnée. La découverte et l’exploit collectif, en cordée, ne figurent pas parmi les sports olympiques, qui ont pour but de désigner un champion.

Exacerber l’esprit de compétition est-il une bonne chose aujourd’hui ? Entre les peuples qui plus est, car contrairement aux jeux de la Grèce antique, ou les athlètes concourraient individuellement, en abandonnant toute référence à leur cité, les jeux modernes sont organisés autour des nations, avec les drapeaux dont s’enveloppent les vainqueurs sitôt franchie la ligne d’arrivée !

Nous avons assurément des exploits à accomplir, mais ils ne relèvent pas de la compétition. Il ne faudrait pas que celle-ci, stimulante par elle-même, ne masque le besoin de dépassement collectif, mais y prépare. Est-ce possible, compte-tenu de l’esprit qui règne le plus souvent dans ces grandes manifestations, avec les intérêts politiques et financiers en jeu ? N’est-ce pas l’esprit de domination qui gagne, et non celui de coopération ? Il existe d’autres formes de confrontation bien plus enrichissantes et constructives. Les grandes réunions scientifiques, congrès médicaux et autres symposiums, sont moins populaires que les JO, mais ce sont bien des athlètes de la science qui s’y expriment, et on connaît leurs rivalités. Mais ils concourent à une accumulation de connaissances, et non à l’exclusion, à l’élimination des moins forts. Les grandes manifestations de type téléthon sont aussi propices aux exploits, parfois très médiatiques, inscrits dans une démarche collective de solidarité.

La compétition a du bon, quand il s’agit de souder un groupe, et elle devient ainsi un facteur d’intégration. Ce n’est pas la seule manière de procéder, mais il faut convenir que ça marche, et alors pourquoi pas ? Elle permet aussi à des nations d’apparaître fièrement sur des podiums mondiaux, et de revendiquer un statut de grande puissance sportive. Elle permet aussi de se mesurer, de voir comment progresser, de se donner des défis personnels, toujours enrichissants, si on n’en abuse pas et qu’on n’en devienne pas malade : Il y a des phénomènes de dépendance[4], et les difficultés de reconversion des grands sportifs en témoignent régulièrement. Et ne parlons pas du dopage sous toutes ses formes, organisé par les équipes ou individuel.

Mais la compétition, c’est aussi et surtout un spectacle. Des gladiateurs sans armes, mais des gladiateurs quand même, qui doivent vaincre ou mourir. Le public vient assister à ces spectacles, pour voir des combats, et le souvenir des jeux de la Rome antique n’est pas loin. Elargis au monde entier grâce à la télévision,  les JO ont sans doute un caractère fédérateur à cette échelle, mais est-ce bien cette mondialisation que nous souhaitons, celle de la compétition et des exploits individuels, réalisés par construction au détriment des autres. Il est bien dommage d’associer exploit et compétition. Peut-on réaliser l’exploit de faire des JO non plus une démonstration de force et de puissance, mais une opportunité de connaissance mutuelle, de solidarité et d’action collective pour la planète ? L’exploit sans la compétition, c’est ça le développement durable.


Prochaine chronique : Quotidien

[1] Voir la chronique Dépasser (18/06/2006) et n°19 dans Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com )

[2] Défis (03/03/2008)

[3] Compétition (03/05/2007)

[4] Dépendance (04/10/2007)

 

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Lundi 4 août 2008

Satisfaire nos besoins, les nôtres et ceux de nos descendants, tel est l’ambition du développement durable. La question est de bien définir les besoins, et c’est plus compliqué que ça en a l’air. Certains sont vitaux, comme le manger et le boire, le logement ou encore l’éducation ou la santé. Ces mots n’ont pas le même sens pour tout le monde, ils sont connotés par la société, le milieu où nous vivons et le type de réponse qui ont toujours été apportés. Et ils dépendent de notre situation dans notre environnement, dans notre groupe social : Une bonne partie de nos besoins sont culturels et relèvent plus du statut que nous revendiquons dans la société que de la physiologie. Certains y verront peut-être une dérive, un épiphénomène qui ne doit pas nous faire oublier les besoins élémentaires, mais ce serait nier la réalité telle que nous la constatons chaque jour, et le poids des personnalités dans la définition des besoins. Ça n’est pas qu’un bol de riz ou un morceau de pain, assorti de quelques protéines, c’est forcément aussi une place dans la société, un mode de relation avec son entourage.

On le constate tous les jours, certaines consommations ne sont que la revendication d’un statut social. C’est typiquement le cas du tabac pour les jeunes, qui doivent  s’affirmer. Une grosse voiture sera le signe de la réussite sociale, même si une petite ferait très bien l’affaire d’un point de vue fonctionnel, ou même pas du tout de voiture. Le moment viendra peut-être où il sera gratifiant de pouvoir enfin se passer de voiture. Il est sans doute déjà arrivé dans certains groupes sociaux. Les besoins, même les besoins essentiels, dont des besoins psychologiques, évoluent sans cesse, et il vaudrait mieux que ce soit vers une plus grande frugalité, érigée en modèle supérieur, qu’en consommation effrénée. La sélectivité comme valeur sociale de référence, plutôt que la boulimie.

La frugalité souvent évoquée, avec une toile de fond de moines bouddhistes, n’est pas spontanément enthousiasmante. On ne convainc pas grand monde en affirmant qu’il suffit de ne rien vouloir pour être riche. Surtout quand on voit de vrais riches se pavaner à côté ! Il n’est pas possible de faire abstraction des besoins d’ordre psychologique ou sociétal, bien réels et obéissant à des lois incontournables. Le culte de la vitesse, par exemple, ne traduit pas un besoin, sauf dans quelques cas d’urgence, mais un besoin de s’affirmer. Dommage que ce besoin ne prenne pas la forme d’une mâle assurance, celle de Zorro qui prend tout son temps pour arriver, sans se presser, le grand Zorro, qui méprise souverainement la vitesse. Cette consommation, ces genres de vie, ne sont pas des données intangibles, elles peuvent changer, mais pas en se contentant de condamnations ou d’exhortations morales et bien pensantes. Il faut entrer dans l’épaisseur du phénomène, comprendre pourquoi telle ou telle consommation, ou tel ou tel comportement, apparemment inutile, s’impose malgré tout. Nous sommes en  présence de phénomènes de dépendance[1], d’addiction pour reprendre un mot savant utilisé récemment pour parler du jeu, dont pas mal de gens ne peuvent se passer malgré qu’il détruise leur vie.

Il en est de même pour les pays, qui aspirent à renforcer leur statut dans leur région et dans le monde. Il leur faut parfois s’affirmer sur un plan intérieur, pour souder des populations disparates, il faut montrer à son voisin que l’on pèse sur la scène internationale, ou au moins que l’on compte sur l’échiquier régional. Même pauvre, le prestige est nécessaire, ne serait-ce que pour faire illusion.

Comment revendiquer un statut flatteur ? Parfois par des conquêtes territoriales, montrant ainsi une continuité avec des empires anciens, mythiques même s’ils sont déchus depuis longtemps. Parfois par la possession d’un joyau, ou la maîtrise d’une ressource rare, qui permet de tenir la dragée haute à ceux qui en ont besoin. La maîtrise d’une technique moderne, sophistiquée donne aussi la preuve que l’on fait patrie des grands. Et dans ce registre, le nucléaire occupe un rôle privilégié. Comment expliquer, sinon, l’attraction qu’exercent les centrales nucléaires pour des pays gorgés de soleil, souvent pourvus de grands espaces inoccupés, pour lesquels des technologies solaires seraient bien plus adaptées, rapides de mise en place, et créatrice d’emplois locaux en grande quantité ? Le prestige, bien plus puissant que la simple recherche d’une efficacité industrielle. Les grands équipements comme des barrages sont dans la même veine. L’amélioration des réseaux et des techniques d’irrigation seraient 4 fois plus efficaces, à coût constant, que la création de nouveaux équipements, mais c’est un travail de fourmi, au long cours, sans inaugurations ni grand spectacle. Avec la centrale nucléaire pour dessaler l’eau de mer au bord d’un désert inondé d’un soleil[2] quasi permanent, on parvient au nirvana.

Ce n’est qu’une étape[3]. Que faire ensuite, notamment quand on prend conscience que l’on a bien l’usine, mais qu’on est complètement lié pour le combustible, et que finalement on est sous contrôle ? Affirmer encore une fois son statut de grande puissance régionale en franchissant l’étape suivante, celle de la maîtrise des approvisionnements. C’est la suite logique, et ceux qui s’en montrent surpris sont des naïfs ou des hypocrites. Interrogé sur le sujet à l’Assemblée par un député, Al Gore, qui venait d’y présenter son film Une vérité[4] qui dérange, l’a dit très clairement : toutes les affaires de prolifération nucléaire auxquelles il a été confronté en tant que vice-président des Etats-Unis avaient toutes pour origine le nucléaire civil. Comment être reconnu parmi les grands, aujourd’hui, si vous n’avez pas la bombe ? C’est une affaire de statut. Le problème est qu’ensuite, il faut bien gérer aussi bien la gestion au quotidien des installations nucléaires, que les risques d’un usage qui serait toujours dramatique pour l’humanité.

Comment donc éviter cet engrenage ? Tout d’abord en arrêtant de faire une promotion inconsidérée du nucléaire civil, première étape d’une marche implacable vers le militaire ; et ensuite offrir d’autres perspectives valorisantes, d’autres formes de prestige qui permette d’atteindre un statut à la fois élevé et durable. Ce n’est pas une affaire simple, mais c’est incontournable.


Prochaine chronique : Exploit. Normal, à la veille des JO !

[1] Dépendance, chronique du 04/10/2007

 

[2] Soleil, chronique du 17/08/2006 et n°70 dans Coup de shampoing sur le développement durable, www.ibispress.com

[3] Etape, chronique du 06/11/2006 et n°25 dans Coup de shampoing

[4] Vérité, chronique du  10/10/2006 et n°79 dans Coup de shampoing

 

Satisfaire nos besoins, les nôtres et ceux de nos descendants, tel est l’ambition du développement durable. La question est de bien définir les besoins, et c’est plus compliqué que ça en a l’air. Certains sont vitaux, comme le manger et le boire, le logement ou encore l’éducation ou la santé. Ces mots n’ont pas le même sens pour tout le monde, ils sont connotés par la société, le milieu où nous vivons et le type de réponse qui ont toujours été apportés. Et ils dépendent de notre situation dans notre environnement, dans notre groupe social : Une bonne partie de nos besoins sont culturels et relèvent plus du statut que nous revendiquons dans la société que de la physiologie. Certains y verront peut-être une dérive, un épiphénomène qui ne doit pas nous faire oublier les besoins élémentaires, mais ce serait nier la réalité telle que nous la constatons chaque jour, et le poids des personnalités dans la définition des besoins. Ça n’est pas qu’un bol de riz ou un morceau de pain, assorti de quelques protéines, c’est forcément aussi une place dans la société, un mode de relation avec son entourage. On le constate tous les jours, certaines consommations ne sont que la revendication d’un statut social. C’est typiquement le cas du tabac pour les jeunes, qui doivent s’affirmer. Une grosse voiture sera le signe de la réussite sociale, même si une petite ferait très bien l’affaire d’un point de vue fonctionnel, ou même pas du tout de voiture. Le moment viendra peut-être où il sera gratifiant de pouvoir enfin se passer de voiture. Il est sans doute déjà arrivé dans certains groupes sociaux. Les besoins, même les besoins essentiels, dont des besoins psychologiques, évoluent sans cesse, et il vaudrait mieux que ce soit vers une plus grande frugalité, érigée en modèle supérieur, qu’en consommation effrénée. La sélectivité comme valeur sociale de référence, plutôt que la boulimie. La frugalité souvent évoquée, avec une toile de fond de moines bouddhistes, n’est pas spontanément enthousiasmante. On ne convainc pas grand monde en affirmant qu’il suffit de ne rien vouloir pour être riche. Surtout quand on voit de vrais riches se pavaner à côté ! Il n’est pas possible de faire abstraction des besoins d’ordre psychologique ou sociétal, bien réels et obéissant à des lois incontournables. Le culte de la vitesse, par exemple, ne traduit pas un besoin, sauf dans quelques cas d’urgence, mais un besoin de s’affirmer. Dommage que ce besoin ne prenne pas la forme d’une mâle assurance, celle de Zorro qui prend tout son temps pour arriver, sans se presser, le grand Zorro, qui méprise souverainement la vitesse. Cette consommation, ces genres de vie, ne sont pas des données intangibles, elles peuvent changer, mais pas en se contentant de condamnations ou d’exhortations morales et bien pensantes. Il faut entrer dans l’épaisseur du phénomène, comprendre pourquoi telle ou telle consommation, ou tel ou tel comportement, apparemment inutile, s’impose malgré tout. Nous sommes en présence de phénomènes de dépendance , d’addiction pour reprendre un mot savant utilisé récemment pour parler du jeu, dont pas mal de gens ne peuvent se passer malgré qu’il détruise leur vie. Il en est de même pour les pays, qui aspirent à renforcer leur statut dans leur région et dans le monde. Il leur faut parfois s’affirmer sur un plan intérieur, pour souder des populations disparates, il faut montrer à son voisin que l’on pèse sur la scène internationale, ou au moins que l’on compte sur l’échiquier régional. Même pauvre, le prestige est nécessaire, ne serait-ce que pour faire illusion. Comment revendiquer un statut flatteur ? Parfois par des conquêtes territoriales, montrant ainsi une continuité avec des empires anciens, mythiques même s’ils sont déchus depuis longtemps. Parfois par la possession d’un joyau, ou la maîtrise d’une ressource rare, qui permet de tenir la dragée haute à ceux qui en ont besoin. La maîtrise d’une technique moderne, sophistiquée donne aussi la preuve que l’on fait patrie des grands. Et dans ce registre, le nucléaire occupe un rôle privilégié. Comment expliquer, sinon, l’attraction qu’exercent les centrales nucléaires pour des pays gorgés de soleil, souvent pourvus de grands espaces inoccupés, pour lesquels des technologies solaires seraient bien plus adaptées, rapides de mise en place, et créatrice d’emplois locaux en grande quantité ? Le prestige, bien plus puissant que la simple recherche d’une efficacité industrielle. Les grands équipements comme des barrages sont dans la même veine. L’amélioration des réseaux et des techniques d’irrigation seraient 4 fois plus efficaces, à coût constant, que la création de nouveaux équipements, mais c’est un travail de fourmi, au long cours, sans inaugurations ni grand spectacle. Avec la centrale nucléaire pour dessaler l’eau de mer au bord d’un désert inondé d’un soleil quasi permanent, on parvient au nirvana. Ce n’est qu’une étape . Que faire ensuite, notamment quand on prend conscience que l’on a bien l’usine, mais qu’on est complètement lié pour le combustible, et que finalement on est sous contrôle ? Affirmer encore une fois son statut de grande puissance régionale en franchissant l’étape suivante, celle de la maîtrise des approvisionnements. C’est la suite logique, et ceux qui s’en montrent surpris sont des naïfs ou des hypocrites. Interrogé sur le sujet à l’Assemblée par un député, Al Gore, qui venait d’y présenter son film Une vérité qui dérange, l’a dit très clairement : toutes les affaires de prolifération nucléaire auxquelles il a été confronté en tant que vice-président des Etats-Unis avaient toutes pour origine le nucléaire civil. Comment être reconnu parmi les grands, aujourd’hui, si vous n’avez pas la bombe ? C’est une affaire de statut. Le problème est qu’ensuite, il faut bien gérer aussi bien la gestion au quotidien des installations nucléaires, que les risques d’un usage qui serait toujours dramatique pour l’humanité. Comment donc éviter cet engrenage ? Tout d’abord en arrêtant de faire une promotion inconsidérée du nucléaire civil, première étape d’une marche implacable vers le militaire ; et ensuite offrir d’autres perspectives valorisantes, d’autres formes de prestige qui permette d’atteindre un statut à la fois élevé et durable. Ce n’est pas une affaire simple, mais c’est incontournable.






























par Bidou publié dans : developpement-durable communauté : Les blogs citoyens
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