Truffe
Truffe
Abandonnons tout de suite l’organe olfactif de nos amis les chiens, et intéressons nous aux choses sérieuses : le champignon, le diamant noir !
La truffe offre une illustration formidable et appétissante du développement durable. Jugez-en vous-même, à partir du reportage de Gilles Vilain pour Bois-forêt info[1].
Tout d’abord le phénomène naturel : la symbiose entre deux êtres complémentaires au plan biologique, le champignon apportant de la nourriture minérale à l’arbre, qui lui-même lui fournit des sucres issus de
Cette complémentarité n’est pas que biologique. Elle est aussi économique, la truffe procurant des revenus qui permettent d’équilibrer les comptes de
« Pas étonnant, donc, que de plus en plus de propriétaires du pourtour méditerranéen y viennent dans l’espoir que la production de truffes améliore la rentabilité forestière » conclut Gilles Vilain. La pérennité et le bon entretien de cette forêt si sensible sont ainsi assurés, grâce aux plaisirs de la table.
Autre approche de la « durabilité » : une croissance qualitative. Le diamant noir est une source de richesse. Une richesse qui n’est pas fondée sur des prélèvements toujours plus massifs sur l’environnement, avec à l’autre bout de la chaîne des rejets toujours plus pénalisants. La ressource est ici renouvelable, et la sylviculture truffière est respectueuse des équilibres biologiques, qui en constituent le fondement. La truffe fournit des revenus appréciables pour ceux qui en bénéficient, et participe à ce titre au PIB dans d’excellentes conditions écologiques, sans émettre de gaz à effet de serre ni autre pollution. C’est une illustration de la dématérialisation de l’économie, c'est-à-dire d’une croissance de la masse monétaire qui n’entraîne pas de consommation de biens matériels, et ne provoque pas de pression sur l’environnement. Il y a en outre une économie rurale attachée à la truffe, avec sa transformation et la fabrication de produits à base de truffe. Une rencontre originale entre le terroir et le luxe, avec tous les aléas qu’une alliance de ce type contient.
D’autres produits de luxe n’ont pas le même impact environnemental, notamment ceux qui consomment de l’énergie, comme les voitures puissantes ou les week-ends en avion, à consommer avec modération. Le côté « produit de luxe » de la truffe pourrait faire penser qu’elle n’a rien à voir avec le développement durable. Ce serait se méprendre, car ce n’est pas la création d’un produit à forte valeur ajoutée qui est en soi contraire aux valeurs sociales du développement durable. C’est l’organisation économique des filières de production qui doit être examinée à ce filtre, c’est la répartition des bénéfices de cette manne et de ses nombreuses retombées, qui permettent de porter un jugement sur le caractère social ou non de
Prochaine chronique : Petit
[1] Article de Gilles Vilain dans Bois forêt info du 13 janvier 2006 :www_bois-foret_info truffe et forêt.htm