Vœux

Publié le par Bidou

Puisque la ligne de ce blog est de parler du développement durable à partir d’un mot dans l’air du temps, le mot vœu s’impose en ce début d’année. Quel rapport  entre Vœux et développement durable ? Des vœux de bonheur[1], bien sûr, mais il n’est pas facile de décrire le bonheur, vœux de santé[2], bien placée au carrefour du social, de l’économie et de l’environnement.

Commençons par évacuer une forme de vœux, les fameux vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance. Il y a surement des moines soldats et des contemplatifs du développement durable, mais permettez-moi de douter de l’efficacité de ces deux approches. Le développement durable n’est pas une Terre Sainte à conquérir ou à protéger, ni une révélation qu’il suffirait de méditer. C’est la création[3] collective d’un monde nouveau, pour assurer un avenir à l’humanité, maintenant qu’elle a colonisé toute la planète. Abandonnons aussi le vœu instantané, teinté de magie, que l’on doit faire à la vue d’une étoile filante, ou quand le bon génie sort de sa lampe.

Revenons aux vœux pour 2008. Vœux pour chacun, pour ses proches, et pour la planète. Comment pourrait-on aller bien individuellement dans une planète qui fout le camp, avec les inégalités Nord Sud croissantes, et la misère à notre porte ?

C’est gentil de souhaiter toutes sortes de bonnes choses à ses amis, mais ne sont-ils pas des vœux pieux, sympathiques mais velléitaires, du type confiance en un Zorro qui arriverait, et ferait le boulot à notre place ? Ne serait-ce pas une manière à peine déguisée de se satisfaire de ce qui se passe sous nos yeux, en espérant s’en tirer au mieux ?

L’époque n’est plus aux vœux, mais à l’action. Les vœux sont bien utiles pour fixer la ligne, mais ils ne veulent rien dire sans engagement. C’est d’ailleurs un des sens du mot Vœu, je m’engage, je décide de faire telle ou telle chose. Le début de l’année, c’est l’époque des bonnes résolutions. Ce serait plutôt de ces vœux dont nous aurions besoin, des vœux proactifs, qui donneraient du sens aux vœux chaleureux et  sympathiques que nous prodiguons allégrement autour de nous.

Réjouissons-nous cependant de des cérémonies de bons vœux, de  ces échanges de cartes, de coups de téléphone, et maintenant de mails, de SMS et de tout autre moyen moderne de communication. Car nous avons infiniment besoin de communication. Aucun de nos engagements n’a de sens s’il est isolé, s’il ne participe pas à un dessein partagé, s’il ne contribue pas à une action commune. Les vœux sont une formidable occasion de se rencontrer, de se parler, de renouer des contacts, de montrer que l’on fait partie d’une communauté, ou de plusieurs communautés, c’est encore mieux. Ils permettent d’affirmer des valeurs, et de passer un message d’amitié, de rompre ne serait-ce qu’un instant la solitude de certains.

Vive les vœux, donc, ainsi que la diversité des sens du mot Vœu, qui permettent d’échanger autour des enjeux de l’année qui commence, et de se fixer des objectifs communs. Pas de développement durable possible sans compréhension réciproque, sans clins d’œil, sans complicité, sans convivialité. Mettons les vœux à profit pour tisser et renforcer ces liens.  Le blog du développement durable vous présente ses meilleurs vœux pour 2008.

Prochaine chronique : Inflation

 

 


[1] Voir Bonheur, Chronique 28/07/2006 et n°5 dans Coup de shampoing sur le développement durable, Editions Ibis Press.

[2] Santé, chronique du 11/03/2006 et n°66 dans Coup de shampoing

[3] Création , chronique du 20/12/2007

 

Publié dans developpement-durable

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